Le Valentin (26) : Conférence de Bruno Parmentier - « Des solutions nouvelles pour se nourrir tous et bien durablement »
7 décembre 2017



Bruno PARMENTIER au Valentin : un auditoire attentif pour une conférence volontairement dérangeante.



Ce jeudi 23 Novembre après-midi, les apprenants du Lycée Agricole Public de l’EPLEFPA du Valentin de Bourg-Les- Valence (Drôme) ont pu bénéficier de l’intervention du Conférencier Bruno Parmentier, économiste, ancien directeur de l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers, aujourd’hui animateur du blog [nourrir-manger.fr ->http://nourrir-manger.fr/], et consultant en Agriculture et sur la question du fait alimentaire.
Devant un parterre de 300 lycéens, apprentis et stagiaires, enseignants et formateurs le conférencier se proposait de répondre à la question « qu’est-ce bien manger ? » en appuyant son propos sur des visuels projetés à l’assemblée.
L’exposé s’articulait en trois temps , le conférencier commençant par expliquer que « bien manger » était un souhait formulé par tous les Hommes mais que l’expression en soi ne signifiait rien au regard de sa subjectivité culturelle et de la grande hétérogénéité de la situation des Hommes sur la Terre ( des sous-nutris des pays aux « hyper-nurtris » en passant par les mal-nutris) rappelant par là l’inégalité d’accès à la nourriture et les différentes acceptions que peuvent prendre l’expression pour tous nos contemporains en fonction de leurs lieux de vie. Bruno Parmentier rappelait que pour la moitié de la planète la problématique du « bien manger » signifiait aujourd’hui « manger tout court ».
Puis le conférencier abordait la question de « pourquoi et pour qui faut-il bien manger » ? répondant à la question que déjà il faut « bien manger » par respect pour soi-même en expliquant que l’on mange aujourd’hui bien trop dans les pays dits riches rappelant les travers des excès de table de nos contemporains des pays dits du Nord ; par ailleurs, le conférencier rappelait que les habitants de ces pays sont plus en plus méfiants quant à ce que l’on leur propose dans leurs assiettes et que selon lui nous aurions « peur de tout » : peur de grossir, peur des pesticides, peur des OGM, peur de la malbouffe, peur des produits étrangers, peur de l’agro-industrie, peur de la grande distribution … Bruno Parmentier expliquait aussi que nos contemporains sont à la fois soucieux de leur santé, de la qualité de leurs aliments voire gastronomes et que derrière la question de l’alimentation se profile bien évidemment la question de la longévité et de la bonne santé mais aussi de l’image que l’on renvoie de soi ; de nombreux défis sont donc à relever par toutes les professions en charge de nourrir nos contemporains et de celles qui veillent sur leur santé ( lutte contre l’obésité, les maladies cardio-vasculaires, cancers, allergies, intolérances, diabètes) ; il nous signifiait par là que l’accès à une alimentation saine, diversifiée et équilibrée, voire confessionnelle et la lutte contre les diktats de la mode et divers pressions de la société font partie des enjeux auxquels doit répondre notre société.
Le conférencier exposait ensuite que l’on doit bien manger pour « faire société » afin de ne pas augmenter la faim dans le monde (la question d’économie sous-jacente était peut-on « bien manger au Nord, sans aggraver les problèmes du Sud ») , afin de créer des emplois et des solidarités locales démontrant qu’en achetant un produit , on achète la société qui va avec aussi bien près de chez nous qu’aux antipodes ; le conférencier insistait également sur la réduction du poste budgétaire alimentaire alloué par les ménages, ce dernier étant passé de 38% dans les années 50 à 14% aujourd’hui au bénéfice du budget loisirs et biens de consommations , invitant son auditoire à « réaugmenter » ce poste budgétaire pour une alimentation de meilleure qualité.
Enfin, le conférencier évoquait la nécessité de « bien manger » pour la planète expliquant que l’agriculture et l’alimentation contribuent au tiers des émissions de gaz à effet de serre ; Bruno Parmentier nous exhortait à manger aujourd’hui sans gaspiller pour que les générations suivantes puissent elles aussi manger.
Mené sur un ton volontairement provocateur cette longue conférence exposait également des images dénonçant sans détours voire crudité des travers de nos sociétés quant aux problèmes liés à l’alimentation et appelait à une prise de conscience.
Que l’on partage ou non les points de vue du conférencier cette conférence invite maintenant au débat, et suscitera à n’en pas douter un approfondissement de la réflexion de la communauté éducative du Valentin sur le fait alimentaire et ses enjeux actuels et futurs ( la question de « comment nourrira-t-on les hommes de cette planète après 2050 ? » au regard des projections d’augmentation de la population, des évolutions dans les pratiques alimentaires des hommes et des ressources de la planète était largement transversale au propos de toute la conférence) .
Cette conférence vient enrichir un questionnement quotidien au lycée du Valentin sur la manière de produire, transformer, commercialiser autrement ainsi que sur la manière de consommer autrement à l’orée du 21ème dans la perspective des évolutions agricoles , agroalimentaires et sociétales actuelles et futures.


Maurice Chalayer, proviseur de l’EPL



 



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