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🌾 Ce que tu vas apprendre :

  • Chaque espèce animale nécessite un type de clôture spécifique : ce qui retient un bovin ne suffit pas pour un ovin ou un caprin
  • Les clôtures électriques fonctionnent par impulsions et constituent souvent la solution la plus souple et économique pour les pâturages
  • Un parc de contention bien conçu repose sur des clôtures rigides et des grillages adaptés pour sécuriser les interventions vétérinaires et zootechniques
  • En Auvergne-Rhône-Alpes, les contraintes de terrain (pente, altitude, sols rocheux) orientent directement le choix du matériel

🐄 Choisir sa clôture selon l’espèce : une question de comportement animal

Adapter sa clôture à l’animal, c’est la première règle à ne pas négliger. Un système qui retient parfaitement un troupeau de bovins allaitants peut se révéler totalement inefficace face à des chèvres ou des porcs en plein air. Le comportement, la morphologie et la force des animaux déterminent le type de dispositif à mettre en place.

💡 Les grandes catégories à distinguer :

  • Bovins : animaux puissants qui poussent sur les clôtures — nécessitent des fils solides ou du fil électrique à haute résistance
  • Ovins : ont tendance à passer sous les fils ou à se faufiler — il faut des fils rapprochés ou un grillage à moutons
  • Caprins : grimpeurs, sauteurs, curieux — parmi les plus difficiles à contenir, ils testent en permanence les points faibles
  • Porcins en plein air : fouisseurs — une clôture électrique basse au ras du sol est souvent indispensable en complément
  • Équidés : sensibles aux blessures — les barbelés sont à proscrire, on préfère les lices en bois, le fil lisse électrique ou le ruban

En Auvergne-Rhône-Alpes, les éleveurs de montagne font face à des contraintes supplémentaires : sols rocailleux difficiles à piqueter, pentes prononcées, passages de gibier (sangliers, chevreuils) qui fragilisent les installations. Le choix du matériel doit donc intégrer ces paramètres dès la conception du parcellaire.

Un point souvent sous-estimé : les clôtures mitoyennes entre deux élevages différents. Si votre voisin élève des brebis et que vous avez des bovins, la clôture séparative doit répondre aux exigences de l’espèce la plus « difficile » à contenir.

⚡ Clôtures électriques : principe, matériel et bonnes pratiques

La clôture électrique repose sur un principe simple : un électrificateur (ou énergiseur) envoie des impulsions électriques à intervalles réguliers dans un fil conducteur. Lorsque l’animal touche le fil et est en contact avec le sol, il reçoit un choc sans danger mais suffisamment dissuasif pour qu’il respecte la limite.

Ce n’est pas une clôture de contention physique au sens strict — c’est une **barrière psychologique**. L’animal apprend rapidement à ne pas s’en approcher. C’est la raison pour laquelle la mise en place doit s’accompagner d’une période d’apprentissage, surtout pour les jeunes animaux.

📋 Les composantes d’une installation électrique efficace :

  • L’énergiseur : peut être alimenté sur secteur, batterie ou panneau solaire — le modèle solaire est particulièrement adapté aux alpages et zones sans électricité
  • Le fil ou ruban conducteur : le ruban est plus visible pour les équidés, le fil fin convient aux bovins et ovins
  • Les piquets : plastique pour les fils temporaires, bois ou métal pour les installations permanentes
  • La mise à la terre : souvent négligée, elle est pourtant déterminante pour l’efficacité du choc
  • Le voltmètre de clôture : indispensable pour vérifier la tension régulièrement
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⚠️ Attention : La végétation en contact avec le fil est la première cause de perte de tension. En période de forte pousse (mai à juillet en plaine, juillet-août en altitude), un contrôle hebdomadaire minimum est recommandé. Un fil qui « fuite » dans l’herbe perd de son efficacité et les animaux finissent par le tester.

Pour les éleveurs qui pratiquent le pâturage tournant — une pratique de plus en plus répandue en Auvergne-Rhône-Alpes pour préserver les prairies — les clôtures temporaires en fil de polypropylène et piquets plastique permettent de déplacer les parcs rapidement. C’est l’outil de base du pâturage rationné.

🏔️ Parcs de contention : l’équipement indispensable pour travailler en sécurité

Un parc de contention est une infrastructure fixe qui permet d’immobiliser les animaux pour les soins vétérinaires, les traitements, la pesée, la tonte ou les interventions de reproduction. Contrairement aux clôtures de pâturage, il doit être solide, fiable et dimensionné pour résister à des animaux stressés ou récalcitrants.

Les deux matériaux principaux utilisés sont :

– **Les clôtures rigides tubulaires** (barrières métalliques ou en acier galvanisé) : robustes, durables, adaptées aux bovins et aux équidés
– **Les grillages à mailles soudées ou tressées** : plus économiques, adaptés aux ovins, caprins et porcins

✅ Les éléments clés d’un bon parc de contention :

  • Le couloir de contention : espace étroit qui canalise les animaux en file indienne et facilite les soins individuels
  • Le cornadis ou la cage de contention : dispositif qui bloque la tête ou le corps de l’animal pour les interventions
  • Le quai de chargement : indispensable pour les enlèvements, doit être à hauteur variable selon les camions
  • Les cases de tri : permettent de séparer rapidement les animaux selon leur statut (gestantes, malades, à traiter…)
  • Le sol : béton rainuré ou stabilisé pour éviter les glissades — un animal qui glisse dans un parc de contention peut se blesser grièvement
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La conception du parc de contention doit aussi prendre en compte le comportement naturel des animaux. Les bovins, par exemple, ont tendance à vouloir retourner d’où ils viennent. Un couloir en courbe ou en arc de cercle, sans angle droit ni cul-de-sac visible, facilite leur avancée sans forçage. Cette approche, développée notamment par les travaux de Temple Grandin, est aujourd’hui intégrée dans les référentiels bien-être animal.

💡 Bon à savoir : En Auvergne-Rhône-Alpes, certaines CUMA (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole) proposent des parcs de contention mobiles en location. Pour les élevages de petite taille ou les éleveurs en alpage, c’est une alternative économique à l’investissement dans une installation fixe.

📋 Entretien et réglementation : ce qu’il faut savoir

Une clôture défaillante engage la responsabilité civile de l’éleveur en cas de sortie d’animaux sur la voie publique ou sur le terrain d’un tiers. Le code rural impose à tout détenteur d’animaux de s’assurer qu’ils sont maintenus sur son fonds. En pratique, cela signifie qu’un contrôle régulier des installations est non seulement une bonne pratique agronomique, mais aussi une obligation légale.

Quelques points de vigilance :

– **Après les tempêtes** : vérifier les piquets arrachés, les fils rompus ou les branches tombées sur la clôture
– **En période de gel** : les piquets plastique deviennent cassants, les fils se contractent
– **Au retour des animaux en pâturage** : inspecter l’ensemble du périmètre avant de lâcher le troupeau

Pour les clôtures mitoyennes, le droit rural prévoit un partage des frais entre voisins, sauf accord contraire établi par acte notarié ou usage local reconnu.

❓ Quelle clôture pour les moutons ?

Les moutons ont tendance à passer sous les fils et à se faufiler dans les moindres ouvertures. La clôture la plus adaptée est un grillage à moutons (mailles resserrées en bas, plus larges en haut) complété si nécessaire par un fil électrique bas positionné à une dizaine de centimètres du sol pour dissuader les tentatives de passage dessous.

❓ La clôture électrique est-elle dangereuse pour les animaux ?

Non, dans des conditions normales d’utilisation. Les énergiseurs vendus dans le commerce sont conçus pour délivrer des impulsions de courte durée qui provoquent un choc désagréable mais sans danger. La tension est élevée (plusieurs milliers de volts) mais le courant très faible. En revanche, un animal immobilisé contre un fil (par exemple dans un grillage) peut être en danger — c’est pourquoi les clôtures électriques ne doivent jamais être le seul dispositif sur des installations à risque.

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❓ Quel énergiseur choisir pour un pâturage en alpage ?

En alpage ou en zone sans accès à l’électricité, les énergiseurs solaires sont la solution de référence. Ils intègrent un panneau photovoltaïque et une batterie interne. Pour les zones très nuageuses ou les hivers prolongés, prévoir un modèle avec une capacité de batterie suffisante pour tenir plusieurs jours sans ensoleillement.

❓ Combien coûte un parc de contention pour bovins ?

Le prix d’un parc de contention fixe pour bovins varie considérablement selon la configuration, la marque et les équipements inclus (couloir, cage, quai de chargement). Il est fortement recommandé de contacter plusieurs fournisseurs spécialisés et de solliciter votre chambre d’agriculture ou votre groupement d’éleveurs pour bénéficier d’éventuels tarifs négociés ou de conseils sur les aides disponibles.

❓ Peut-on clôturer en bordure d’un chemin rural ?

Oui, sous conditions. La clôture doit respecter les règles d’alignement fixées par la commune et ne pas empiéter sur l’emprise du chemin. En cas de doute, consulter la mairie ou la DDT (Direction Départementale des Territoires) de votre département. Certains chemins ruraux font l’objet de servitudes de passage qui peuvent limiter vos possibilités.

❓ Les grillages pour caprins sont-ils différents des grillages pour ovins ?

Oui. Les chèvres étant plus agiles et plus curieuses que les moutons, elles nécessitent des mailles plus resserrées sur toute la hauteur, une hauteur de clôture plus importante (minimum 1,20 m conseillé), et un fil électrique en partie haute pour décourager les tentatives d’escalade. Un grillage à moutons classique sera insuffisant pour un troupeau caprin actif.

📌 En bref :

  • Chaque espèce animale exige un type de clôture spécifique — caprins et porcins étant les plus exigeants à contenir
  • La clôture électrique fonctionne par impulsions : c’est une barrière psychologique qui repose sur l’apprentissage de l’animal
  • Un parc de contention fixe combine clôtures rigides tubulaires et grillages adaptés à l’espèce, avec un sol antidérapant indispensable
  • En Auvergne-Rhône-Alpes, les CUMA proposent parfois des parcs de contention mobiles en location pour les petites structures

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A
Antoine
Rédacteur chez EAP Auvergne-Rhône-Alpes

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