- Point 1 : L’agroforesterie combine arbres et cultures pour des bénéfices mutuels économiques et écologiques
- Point 2 : Des formations spécialisées existent pour apprendre les techniques de plantation et de gestion
- Point 3 : La mise en place nécessite une sélection rigoureuse des essences selon le type d’exploitation
- Point 4 : L’intégration se fait progressivement avec les cultures existantes
L’agroforesterie représente aujourd’hui une solution d’avenir pour diversifier les revenus agricoles tout en préservant l’environnement. En Auvergne-Rhône-Alpes, de nombreux agriculteurs s’intéressent à cette pratique qui allie production et durabilité. Mais comment se former et mettre en place concrètement un système agroforestier sur son exploitation ?
🌱 Qu’est-ce que l’agroforesterie ?

L’agroforesterie est une pratique agricole qui combine délibérément arbres et cultures sur une même parcelle pour créer des interactions bénéfiques. Cette approche permet de diversifier la production tout en améliorant la fertilité des sols et la biodiversité.
L’agroforesterie désigne l’association d’arbres et de cultures annuelles ou pérennes sur une même unité de gestion, dans le temps ou dans l’espace, pour optimiser les interactions biologiques et économiques entre les composantes ligneuses et non ligneuses.
Les systèmes agroforestiers peuvent prendre plusieurs formes selon le contexte de l’exploitation :
**Types de systèmes agroforestiers :**
– Haies bocagères avec cultures intercalaires
– Alignements d’arbres dans les parcelles cultivées
– Pré-vergers avec pâturage
– Cultures sous couvert d’arbres fruitiers
– Systèmes silvo-pastoraux en montagne
En région Auvergne-Rhône-Alpes, l’agroforesterie s’adapte particulièrement bien aux terrains en pente et aux zones de moyenne montagne. Les agriculteurs peuvent ainsi valoriser des parcelles difficiles d’accès tout en créant de nouveaux revenus.
**Bénéfices économiques de l’agroforesterie :**
– Production de bois d’œuvre ou de chauffage
– Fruits à coque (noyers, châtaigniers)
– Amélioration des rendements des cultures associées
– Réduction des coûts d’intrants
– Diversification des sources de revenus
📚 Formations disponibles en agroforesterie

Plusieurs organismes proposent des formations spécialisées en agroforesterie pour accompagner les agriculteurs dans cette transition. Ces formations couvrent les aspects techniques, économiques et réglementaires de la mise en œuvre.
- Formations courtes d’initiation (1-2 jours)
- Stages techniques approfondis (5 jours)
- Accompagnement personnalisé sur exploitation
- Formations à distance et webinaires
- Voyages d’étude chez des agriculteurs expérimentés
**Organismes de formation en Auvergne-Rhône-Alpes :**
Les **Chambres d’agriculture** de la région proposent régulièrement des sessions de formation en agroforesterie. Ces formations s’adressent aux agriculteurs souhaitant diversifier leur activité ou améliorer la durabilité de leur exploitation.
Les **centres de formation agricole** intègrent également l’agroforesterie dans leurs programmes, notamment pour les formations continues et les reconversions professionnelles.
**Contenu des formations techniques :**
– Choix des essences selon le sol et le climat
– Techniques de plantation et d’entretien
– Calcul de la rentabilité économique
– Réglementation et aides disponibles
– Gestion des interactions cultures-arbres
– Commercialisation des productions
La formation est essentielle avant de se lancer car les erreurs de conception d’un système agroforestier peuvent compromettre sa rentabilité sur plusieurs décennies.
**Financement des formations :**
– Prise en charge par les fonds de formation VIVEA
– Dispositifs régionaux d’aide à la formation
– Intégration dans les parcours d’installation (DJA)
– Formations éligibles au CPF pour certaines
🚜 Mise en place sur l’exploitation

La mise en place d’un système agroforestier sur une exploitation nécessite une planification rigoureuse et une approche progressive. Chaque projet doit être adapté aux spécificités de l’exploitation et aux objectifs de l’agriculteur.
**Étapes de mise en place :**
**1. Diagnostic de l’exploitation**
L’analyse préalable constitue la base du projet agroforestier. Elle comprend l’étude des sols, du climat, de la topographie et des systèmes de culture existants.
**2. Sélection des essences**
Le choix des arbres dépend de plusieurs critères techniques et économiques :
– Adaptation au climat local
– Compatibilité avec les cultures existantes
– Objectifs de production (bois, fruits, fourrage)
– Rapidité de croissance
– Résistance aux maladies
- Noyer hybride : croissance rapide, bois de qualité
- Merisier : bois d’œuvre noble, mellifère
- Châtaignier : adaptation aux sols acides
- Frêne : fourrage pour l’élevage
- Peuplier hybride : zones humides
**3. Conception du système**
L’implantation des arbres doit respecter certaines règles pour optimiser les interactions :
– Espacement entre les lignes d’arbres
– Orientation par rapport aux vents dominants
– Intégration avec le matériel agricole existant
– Accès pour l’entretien des arbres
**4. Plantation et entretien**
La plantation s’effectue généralement à l’automne ou en début de printemps. L’entretien des jeunes plants nécessite une attention particulière les premières années :
– Protection contre le gibier
– Désherbage au pied des arbres
– Taille de formation
– Arrosage si nécessaire
**Intégration avec les cultures existantes :**
L’agroforesterie permet de maintenir les productions agricoles traditionnelles tout en développant de nouveaux revenus. En région Auvergne-Rhône-Alpes, les associations les plus courantes sont :
– Cultures céréalières entre les rangées d’arbres
– Pâturage ovin ou bovin sous couvert arboré
– Cultures fourragères avec haies bocagères
Commencez par un projet pilote sur une petite surface pour acquérir l’expérience avant d’étendre le système à l’ensemble de l’exploitation.
L’accompagnement technique reste indispensable pendant les premières années pour adapter les pratiques et résoudre les éventuelles difficultés. De nombreux réseaux d’agriculteurs pratiquant l’agroforesterie permettent d’échanger sur les expériences et les bonnes pratiques.
❓ Combien coûte une formation en agroforesterie ?
Les formations courtes d’initiation sont généralement prises en charge par les fonds VIVEA. Les formations plus longues peuvent coûter quelques centaines d’euros mais sont souvent financées par les dispositifs régionaux d’aide à la formation agricole.
❓ Quelle surface minimum pour commencer l’agroforesterie ?
Il n’y a pas de surface minimum obligatoire. Vous pouvez commencer par une parcelle d’un hectare pour tester le système avant de l’étendre. L’important est d’adapter le projet à la taille et aux caractéristiques de votre exploitation.
❓ Combien de temps avant les premiers revenus des arbres ?
Cela dépend des essences choisies. Les noyers peuvent produire des noix après 8-10 ans, tandis que le bois d’œuvre nécessite 20-30 ans. Certaines productions comme le fourrage des frênes ou les fruits peuvent générer des revenus plus rapidement.
❓ L’agroforesterie est-elle compatible avec l’agriculture biologique ?
Oui, l’agroforesterie s’intègre parfaitement dans les systèmes biologiques. Elle peut même faciliter la conversion en bio en améliorant naturellement la fertilité des sols et en favorisant les auxiliaires de culture.
❓ Quelles aides existent pour l’agroforesterie ?
Plusieurs dispositifs soutiennent l’agroforesterie : les Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC), les aides du Plan de Développement Rural Régional, et parfois des subventions spécifiques des collectivités locales en Auvergne-Rhône-Alpes.
❓ Comment gérer les arbres avec le matériel agricole ?
L’espacement entre les rangées d’arbres doit être adapté à votre matériel. Généralement, on prévoit 15 à 20 mètres entre les lignes pour permettre le passage des machines agricoles classiques sans contrainte majeure.
- L’agroforesterie combine arbres et cultures pour des bénéfices mutuels économiques et écologiques
- Des formations spécialisées sont proposées par les Chambres d’agriculture et centres de formation
- La mise en place nécessite un diagnostic préalable et une sélection rigoureuse des essences
- Vous pouvez commencer par une parcelle test d’un hectare avant d’étendre le système
- Les premiers revenus varient de 8-10 ans pour les fruits à 20-30 ans pour le bois d’œuvre
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Rédacteur chez EAP Auvergne-Rhône-Alpes